Le Mascaret Bleu, Le Lyvet, La Vicomté-sur-Rance, 13 mai 2017, 19h09

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Coup de chance ( mais avoir de la chance est important en photo !) au moment où j’arrive en aval de l’écluse du Châtelier ! Je vois une vague, venant d’aval, qui remonte le cours d’eau : c’est le flot et son mascaret, la première vague. Il est bien sûr plus petit qu’en Gironde ou sur la Seine, néanmoins mascaret il est !

La Rieuse & les Arbres de métal, Port de Lyvet, Rance, 13 mai 2017, 18h08

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Comment dire ? Je ne sais pas précisément pourquoi mais ça faisait longtemps que je n’avais pas « rencontré » à ce point une image, une image en plus « faite » par moi. En cette fin de journée de printemps, la large anse qui forme le port de Lyvet est calme. Le soleil décline derrière les hauteurs, plongeant peu à peu l’anse dans l’ombre, le frais. On a croisé les derniers promeneurs, marcheurs, joggeurs de ce dimanche. Le vent est tombé. On n’entend plus les drisses battre les mats en alu. Peu d’oiseaux. Un goéland solitaire qui vaque sur les flots peu à peu plongés dans une pénombre. Et même de gros poissons morts sont à l’envers flottant ballotés le long des berges. Un rapport avec cette apparente excitation de cette sterne qui virevolte nerveusement ? Si de gros poissons sont morts, qu’en est-il des petits, dont se nourrit la Sterne ? Ou est-ce juste que c’est le printemps des amours qui la fait strier ainsi l’espace ? Toujours est-il que je tente de la « prendre » en photo 2 ou 3 fois sans être confiant sur le résultat et qu’à un instant elle fuse sur la cime d’un mat, que je déclenche et que je découvrirai, au visionnage, qu’une autre sterne s’y trouve. Pas simple à photographier une sterne.. très rapide et surtout imprévisible. Le problème de ces poissons morts viendrait d’un rejet pollué de la station d’épuration de Dinan, en amont,. C’est ce que m’a dit un habitué du coin.. Après quelques recherches et des échanges avec un journaliste du Petit Bleu, à qui j’en avais parlé, il se pourrait que ce soit un changement de la température et de la turpitude des eaux, du aux pluies puis à la chaleur,  qui ait fait mourir les mulets et pas forcément les plus petits poissons. Toujours est-il que ce mouvement blanc, ces courbes effilées, cinglantes, de l’oiseau, parmi – à la cime – les mats fabriqués par l’Homme, ces mats en aluminium, si chimiquement difficiles et polluants à construire, ce geste de la Nature, fragile comme un moustique sur une forêt d’épingle, me plait, comme un défi et un signal.

Le Pouvoir d’un Phare, Port Haliguen, 30 avr.2017, 17h13

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Un phare a le pouvoir de segmenter le temps, d’agir sur le ciel et les eaux de la mer. Construisez-le au bon endroit, même le long d’un quai et  vous verrez qu’il a le pouvoir de séparer le jour de la nuit, un ciel bleu d’un orage, le brouillard le plus dense d’un horizon presque infini. C’est bien pour cela que les hommes ont sué sang et eau salée pour construire les phares…

le Prix du Poisson…, Quiberon, 27 févr.2017, 17h46/42/48

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La « petite » tempête donne à plein, le vent souffle fort, difficile de maintenir l’appareil et même de tenir debout sans être bousculé, mais c’est tellement beau et impressionnant que l’on sort de l’auto à chaque occasion entre 2 grains pour voir, ressentir et capter quelques vagues magnifiques de puissance. Je suis concentré sur les vagues qui s’élèvent et lessivent la côte rocheuse quand, n’en croyant d’abord pas mes yeux, je m’aperçois qu’un chalutier est sorti de Quiberon et, montant et descendant, taille l’air de rien son bonhomme de chemin sur l’océan très agité. C’est ce qu’on appelle « une mer forte à très forte » et ce bateau d’une quinzaine de mètres semble une coquille de noix… Pourquoi diable sont-ils sortis ? Le doivent-ils vraiment ? La pêche est -elle bonne par ce temps ? Quelle qu’en soient les raisons, je trouve cela bien courageux, voire téméraire, en tous cas admirable (de lapin). Oups ! pardon, le mot à ne pas prononcer… Chapeau ! J’en ai discuté avec Jean-Claude, qui a été patron pêcheur de 1960 à 1992 (il a commencé comme mousse à 15 ans) qui m’a dit que quand il y a du vent et de la mer le poisson « soulage », c’est-à-dire qu’il est moins au fond, plus en surface ( ce qui veut dire la même chose) et que, de toute façon, c’est le métier, le travail, et qu’il faut bien y aller pour gagner, au pire, sa croûte, au mieux, de l’argent. En tous cas, c’est ce que j’ai compris.

11 vues de la Teignouse, 27 févr.2017

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J’ai lu quelque part que la Teignouse ressemblait à un gâteau d’anniversaire à la crème avec une grosse bougie… Ce n’est pas faux… Ici le pâtissier abuse de la chantilly ! Dans le livre « l’histoire de tous les phares de France », Dreyer et Fichou écrivent  :  » Le phare de la Teignouse est le cinquième de France construit les pieds dans l’eau. Sa tour a une allure si particulière qu’on se demande si c’est une erreur. Le soubassement, qui abrite les logements, est surmonté d’une tourelle fluette portant une lanterne : « Un feu de port monté sur un camenbert« , dit-on souvent. (..) la terrasse prend les paquets de mer pendant les tempêtes. L’eau stagne puis s’infiltre. La tourelle vibre sous les assauts du vent. Les chambres (..) sont humides et froides. Les lambris intérieurs dégoulinent (..) Les démissions sont nombreuses. Certains abandonnent même leur poste au bout de quelques semaines. ». Il est vrai que la conception de la Teignouse, à défaut de fournir aux gardiens un abri acceptable (être gardien d’un phare en mer n’est jamais une sinécure), en fait l’un des phares les plus originaux de Bretagne… Depuis 1983 le phare n’est plus gardienné et son état de délabrement intérieur n’a fait qu’empirer… En 2005, plusieurs fenêtres avaient leur vitrage cassé, le muret parapet de la terrasse était dégradé, dans les chambres les boiseries murales étaient absentes et tout était en vrac, volé ou renversé par les tremblements lors des tempêtes… Cependant une boiserie de fenêtre a été refaite, mais le reste ? Il est là depuis 1845, sur son rocher dans le prolongement de la pointe de la presqu’île de Quiberon. Il ne fait que (c’est peu pour un phare) 16 m de haut.  Il a été construit assez tôt dans l’histoire de construction des phares dans ces parages dangereux et fréquentés par les navettes entre les îles, les bateaux de pêche cotière et les voiliers mais il n’a pas pu éviter certains naufrages : un peu plus loin que rocher sur lequel se trouve la phare, le Angers,  cargo à l’origine américain (comme son nom ne l’indique pas) de 76 m de long, s’échoua le 4 novembre 1918 sur le plateau des Esclassiers, par une nuit de mauvais temps. 4 ans plus tard, dans la nuit du 26 août 1922,  c’est à proximité du phare que le France, cuirassé de 1911, a, par temps calme,  heurté des roches (non répertoriées à l’époque).  Le naufrage se fit lentement et il y eut 3 noyés mais presque tout l’équipage fut sauvé.   Même en 2007, alors que les navires ont des GPS, les naufrages peuvent avoir lieu : le Gourinis, navire de passagers qui reliait Houat à Port-Maria (Belle-île), a touché des roches aux « trois Pierres »et, alors qu’il était remorqué à moitié immergé, a coulé, le 30 avril  2007 par beau temps et mer d’huile…
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l’Equipier du Trophée Jules Verne, la Trinité s/Mer, 29 sept.2017, matin

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Ce géant des mers (plus de 30 m de long et de haut, près de 700 m² de voile…) s’apprête, au moment de la photo, à tenter de remporter le Trophée Jules Verne, c’est-à-dire à boucler un tour du monde en équipage plus vite que Loïc Perron en 2012 (45 jours). Ce bateau (ou plutôt son frère jumeau construit dans les mêmes moules) avait déjà remporté le Trophée en 2010, skippé par Franck Cammas (48 jours). Il s’appelait alors Groupama 3 et Cammas avait cette année là remporté aussi la Route du Rhum (en 9 jours). En 2013 le bateau devient Banque Populaire 7 et Armel le Cléac’h bat 3 records en solitaire. Loïc Perron remportera aussi avec ce bateau la Route du Rhum en 7 jours… Il a des allures d’oiseau et survolera réellement les 3 océans barré par Francis Joyon et son équipage qui franchiront la ligne d’arrivée 40 jours après leur départ du large d’Ouessant, établissant un nouveau record.

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Retour de Tour, Baie de Quiberon, 28 janv.2017, 17h28

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L’honnêteté m’oblige à dire la vérité sur ces photos : en cette tombée du jour, ce soleil couchant, je faisais toutes sortes de photos depuis la grève, des images de la Pointe de Toull er Her, de personnes au bord de l’eau, du manoir que j’affectionne et aussi de la mer car j’avais remarqué un grain dans lequel apparaissait et disparaissait une sorte de tourelle que je ne parvenais pas plus que les oies bernache à identifier (sur ces photos c’est évident qu’il s’agit d’un bateau mais sur le moment, sans mes lunettes, ce n’était pas évident). Le phare de la Teignousse ? Autre chose ? Je connais un peu le coin mais pas comme un marin naviguant, loin de là. J’ai photographié, car je trouvais cela intrigant et beau. Après tout j’ai lu le Rivage des Syrtes et le Désert des Tartares et je sais que les Fata Morgana sont des apparitions vers l’horizon sur la mer, des mirages, d’étranges et mystérieuses « réalités »… Ce n’est que le lendemain que j’appris que Idhec Sport, le très grand trimaran entrevu et photographié 4 mois auparavant à la Trinité sur Mer, était rentré à son port d’attache la veille vers 18h30, après avoir battu le record du tour du Monde à la voile en équipage, excusez du peu. C’était donc sa grand voile cette forme oblongue presque noire que j’avais distinguée au large sans trop m’y attarder. J’aime donc d’autant plus ces images, car elles sont probablement assez différentes de celles qui ont été faites de cet événement que la simplicité et la modestie de Francis Joyon – dont la demeure se trouve m’a t-on dit  très proche du lieu d’où ont été faites ces images – ont rendu discret et tranquille.

Île Cuhan, la Trinité sur Mer, 26 janv.2017, 17h36

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On ne peut pas la louper quand on passe sur le pont de Kerisper cette jolie petite île dans la baie de la Trinité. Elle est privée et peut se louer… 900 euros la nuit (maximum 12 personnes). Je comprends qu’à ce prix là les bâtiments et la végétation soient bien entretenus. Comme on le voit les cyprès sont magnifiques, notamment le grand sur la droite, très bien élagué, ce qui lui donne une belle silhouette.

Fin de belle journée d’Octobre, St Pierre, 25 oct.2010, 17h46

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Je doute qu’un jour les 2 personnes qui sont sur cette photo la voient mais je veux néanmoins ici leur rendre hommage et les remercier car je les ai vus 2 fois ce soir-là au cours de mon tour sur la côte, celle que je connais bien, et j’ai vu que ce qu’ils faisaient étaient, entre autres, de ramasser des déchets – plastiques principalement – comme je le fais régulièrement moi aussi, mais mieux que moi car moi je ramasse, certes, mais je suis toujours à l’affût de visions, de photos, de morceaux de bois, de leurres, de bouées ou d’objets intéressants à ramener pour moi, mais eux m’ont semblé ramasser et mettre dans un sac poubelle , pour la nature, pour les autres, pas pour eux en tous cas, et ça je trouve ça admirable, respectable. Bravo et merci à eux 2 ! Ils méritent largement d’être au coeur et au centre de cette photo. Sans eux cette image serait moins belle et moins intéressante car elle n’aurait pas cette qualité que je recherche : l’humain dans la nature. Sans eux, cette plage, ce bord de mer, cette frange d’océan serait moins belle car souillé, pollué, abimé d’éléments qui n’ont rien à y faire, principalement des morceaux de plastique, qu’ils viennent de je ne sais où ou qu’ils viennent des chantiers ostréicoles.. Et pourtant j’adore les huîtres et sans les ostréiculteurs du coin je n’en mangerais pas mais je préférerais qu’ils utilisent des matériaux plus naturels ou qu’ils nettoient la côte eux-mêmes.

« Au Revoir ! », Locmariaquer, 16 juil.2016, 15h26

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J’adore ce genre de situation, de petit moment. On décolle du quai dans la jolie plate de mon ami Yann (je sais en Bretagne ça ne s’invente pas, tous les Bretons ne s’appellent pas Yann, Erwan ou Loïc mais mon ami s’appelle vraiment Yann..). Des gens sont sur la cale. Je ne les connais pas, ne les ai jamais vus avant ce jour ou je les ai sans doute pas plus regardés que ça. Je m’apprête à faire une photo, tiens mon appareil d’une main, de l’autre fais « au revoir » en espérant qu’au moins une personne réponde pour donner un peu plus de vie à cette photo… et quelqu’un répond. Une femme, en l’occurrence. Et ça change tout : la photo devient sympathique.

Les Vivants & Les morts, Quelmer, 31 oct.2016, 15h08

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Petite explication (mais c’est assez connu dans le coin) : dans la petite anse de Quelmer se trouve un cimetière de bateaux, c’est-à-dire un lieu où au moins depuis le xxè s. on a déplacé les bateaux considérés comme ayant fait leur temps. S’y trouvent des bateaux en bois, en plastiques et en fer (dont l’une des navettes  St Malo-Dinard). En 1968 apparemment s’y est installé aussi un chantier naval, de réparation essentiellement. Il existe toujours, malgré des difficultés. Donc aujourd’hui des bateaux en plus ou moins bon état, fatigués ou en partie restaurés, côtoient, pêle-mêle les uns contre les autres, quasi enchevêtrés, des anciens chalutiers en bois voiles-moteur… des vivants côtoient des morts, comme cette superbe goélette le long de deux coques en fer et même amarrée à l’une d’entre elles…

Paré pour la Mer ! Quelmer, 31 oct.2016, 15h29

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… mais contrairement à ce que certains peuvent croire, l’immense majorité des pêcheurs n’est pas alcoolique, ne picole pas, sinon ils ne tiennent pas car ils ne sont pas repris, après avoir été avertis une fois, par un patron qui a la responsabilité de mener un bateau… et un équipage en bonne marche, lui-même devant rendre compte à un armateur qui a risqué beaucoup d’argent dans un bateau..

Moulin de Quinard, St Jouan-des-Guérets, 31 oct.2016,17h30

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Le même jour, à 12h24

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On ne peut le rater (sauf de nuit ou par brouillard épais !) quand on va de Rennes à Saint-Malo. Suite de plusieurs bâtiments construits au XIXè s. Il a cessé de moudre en 1925 et sert depuis de lieu de stockage d’ancien matériel agricole, mais aussi de bottes de paille, de pigeonnier etc… La partie la plus à gauche (sur la photo) est la plus ancienne et est dans un état de délabrement avancé : des pierres des murs manquent. Je trouve cela très dommage car c’est l’un des plus grands moulins que je connaisse dans la région, mais qu’en faire ? La présence de la très empruntée et donc bruyante route 137 à 400 m interdit en tous cas d’en faire un gîte ou un hôtel…mais un écomusée consacré aux moulins (une quinzaine) de Rance, pourquoi pas ?

 

Le Petit Anon, St Jacut-de-la-Mer, 8 sept.2016, 15h53

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Ce n’est pas le surnom de cet homme – quoique je n’en sache rien – mais celui du rocher balisé… Parfois j’ai envie de laisser dans mon cadre une ou plusieurs personnes, ce qui  fait que, pour moi, le paysage est plus complet, plus intéressant. J’ai de nombreuses photos que j’aime où l’on voit ainsi des personnes mais je ne les mets pas sur ce site à  cause du « droit à l’image ». En effet je n’ai pas demandé à ces personnes si elles acceptaient d’être prises en photo et, a fortiori, si elles accepteraient que ces images où elles sont reconnaissables, identifiables, par elles-mêmes et les personnes qui les connaissent, que ces images, donc, soient diffusées sur le web. Je pense que la plupart d’entre elles (les images) les (les personnes) mettent en valeur dans un paysage, en tous cas ne portent pas atteinte à leur personne, et donc que ces personnes ne se plaindraient pas, mais dans le doute je m’abstiens. De plus en plus fréquemment ces personnes sont occupées avec leur portable. Celui-ci a peut-être une application « canne à pêche »…

la Vieille veille…, Finistère, 1er janv.2013, 17h38

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Il y a beaucoup à dire sur ce phare, « la vieille », construit dans la foulée d’Ar Men, en 5 ans sur « Gorlebella » ( » la plus lointaine » parait-il) dans l’un des coins de mer les plus agités de Bretagne, le Raz de Sein, passage le plus court – en venant du Golfe de Gascogne ou des côtes de Bretagne sud – pour qui, et ils sont nombreux, entrent en Manche… « Gorlebella » sonne italien vous ne trouvez-pas ? Or les 2 gardiens les plus tristement célèbres du phare étaient d’origine italienne : Mandolini et Ferracci. Ils sont célèbres car ils étaient des mutilés de guerre qui avaient « bénéficié » de cet emploi… Mandolini  n’avait plus l’usage d’un bras et Ferracci avait encore une balle dans le corps… Comme si cela ne suffisait pas ils avaient eu tous deux les poumons atteints par les gaz.. (le phare a 120 marches qu’il faut descendre et surtout monter au moins 2 fois par jour…). Ils resteront bloqués au phare, à cause des tempêtes, tout janvier et février 1926 et une goélette de Paimpol, la Surprise (!), se brisera sur les roches de Plogoff 9 jours avant la libération des gardiens. Or des témoins diront que le phare était éteint la nuit du naufrage et que la corne ne fonctionna que par intermittences… Ce qui est aussi étonnant est qu’Anatole Le Braz meurt 3 semaines après le sauvetage des 2 gardiens.  « et alors ? » me direz-vous…Et bien Anatole Le Braz avait écrit en 1899 le gardien du feu, bon roman narrant un autre genre de drame, fictif, se déroulant au phare de la Vieille, ce qui donne aux faits réels survenus plus tard un écho particulier… On trouve pas mal de renseignements sur le phare, mais moins  sur la tourelle de la Plate, sa voisine, construite en béton armé dans la foulée, distante d’une centaine de mètres, qui est 2 fois et demi moins haute que le phare et n’a, par définition, jamais été habitée, mais qui fait quand même une dizaine de mètres de haut… Pas mal pour une « petite vieille » comme on l’appelle aussi…Elle indique les premières roches dangereuses en avant (venant du sud) du phare.  Elle a été « décapitée » par une tempête à peine achevée et ne sera reconstruite qu’en 1911, 24 ans après le début de sa construction… Il est vrai que les 3 premières années, celle-ci n’a pas avancé car le bateau qui apportait les matériaux était occupé ailleurs… Récemment elle fonctionnait au gaz, une cuve étant comprise dans son corps. En 2014, on a remplacé ses ampoules par des leds… Pourquoi ne pas avoir construit davantage de tourelles plutôt que des phares ? Car elles ne permettaient pas un éclairage aussi puissant, visible d’assez loin et qu’un phare habité permettait aussi d’actionner une corne de brume… Cette photo-ci est prise depuis la pointe du Van (gamin je croyais que c’était la pointe du vent mais van signifie lichen), de  la chapelle St They, un saint rarement cité en Bretagne, à environ 4 kms du phare, point de vue tout à fait favorable comme vous pouvez le constater. A l’horizon, l’île de Sein, ici simplement trait sombre sur l’horizon de ce début de nuit.

Pointe Toull er Her, Locmariaquer, 24 févr.2012, 17h06

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Mais quelle est donc cet insecte géant, ce cloporte poilu ou ce millepattes irrégulier qui sans doute sorti de la mer s’avance sur la terre et qui va terroriser les promeneurs de Locmariaquer… ? Le « hardi » ? (puisque la pointe s’appelle Toull er Her – « le trou du hardi »-). Oui ! ça doit être ça : le hardi sort de son trou !?…

6 vues des Birvideaux, Morbihan, 15 févr.2012, 16h13

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Vu de la côte de Penthièvre, à environ 15 kms…
C’est le phare de France qui a nécessité le plus de temps et le plus d’argent à être construit et pourtant le connaissez-vous ? Probablement pas car  il n’a pas été conçu pour abriter des gardiens et n’est donc pas considéré comme un « phare » mais comme un « feu » et la succession des difficultés techniques et administratives a fini par entourer sa construction d’un brouillard épais…. Sa hauteur (29 m) est pourtant presque aussi importante que celle d’Ar Men (32 m), l’un des plus célèbres – à juste titre – phares en pleine mer. Début du projet : 1880. Allumage du feu : 1935 ! D’abord la décision de baliser le secteur a été relativement tardive car les pêcheurs connaissaient le coin et leur bateau avaient un tirant d’eau suffisamment faible pour y passer sans toucher (2m60 d’eau aux plus basses marées). C’est la Marine militaire, après plusieurs déboires,  qui a insisté pour que le secteur soit signalé. Ensuite, cause et conséquence, de nombreux  ingénieurs se sont succédés, ce qui ne facilite pas la conduite rapide d’un projet. A cela s’est ajouté la défection de plusieurs acteurs essentiels, scaphandriers, pilotes… Le chantier s’est interrompu pendant la guerre de 14/18 car la marine allemande a coulé beaucoup de navires dans ce secteur… Difficultés techniques : pas de roches émergentes, tout sous l’eau ! Il a fallu immergé des caissons de ciment à environ  3 m de profondeur pour constituer une base … Enfin, la première solution qui avait été choisie avait fait long feu : la structure métallique tubulaire de 20 m de haut, pour laquelle un trou de 40 cm de diamètre avait été foré,  fut emporté par la mer, alors que les 1m50 de profondeur étaient presque atteints. On a perdu beaucoup de temps à rechercher ce trou avant d’abandonner cette solution. Par contre je ne pense pas que la légende de la ville et de l’île engloutie d’Aïse y soit pour quelque chose…

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25 févr.2017, 18h14, vu de la plage du Fort de Penthièvre  (environ 15 kms)

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27 févr.2017, 13h42. Le phare se trouve à environ 10 kms du point d’où est faite cette photo.

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Ibis, Locmariaquer, 22 oct.2010, 18h33

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Un, puis deux,  puis d ‘autres ibis, d’Afrique, sont apparus à Locmariaquer, sur la côte sud de Bretagne… Ils s’étaient échappés du zoo de Branféré (40 kms à l’est de Locmariaquer). Ils m’étaient nouveaux, exotiques – l’Afrique en Bretagne ! – mais ont été décrétés « espèce invasive » par des spécialistes puis par les autorités, et on s’est arrangé pour qu’ils ne soient pas plus nombreux (on détruisît ou stérilisa leurs oeufs je crois). J’ignore si c’est bien ou mal mais ils formaient, j’ai trouvé, un beau vol dans le ciel du coucher.L’Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) vit en Afrique  sub-saharienne, en Irak et autrefois en Égypte, où il était vénéré et souvent momifié comme symbole du dieu Thot. Thot capte la lumière de la lune, dont il régit les cycles, à tel point qu’il fut surnommé « le seigneur du temps ».« Au sein de l’océan primordial apparut la terre émergée. Sur celle-ci, les Huit vinrent à l’existence. Ils firent apparaître un lotus d’où sortit Rê, assimilé à Shou. Puis il vint un bouton de lotus d’où émergea une naine, auxiliaire féminin nécessaire, que Rê vit et désira. De leur union naquit Thot qui créa le monde par le Verbe. » L’ibis est reconnu pour sa capacité à différencier une eau potable d’une eau non potable. De ce fait, sa transposition divinisée en fait un animal-dieu du savoir. Par extension, il est celui qui détient le savoir, et donc qui le transmet ; il devient naturellement le maître des écrits.   L’ibis était le symbole du savoir et de la religion ainsi que l’un des douze animaux sacrés associé aux douze heures du jour et de la nuit..
Les actions ayant pour but de stopper sa présence furent efficaces car en 2017 voir des ibis est rare à Locmariaquer..
IMG_54047 ans plus tard, j’en vois de temps en temps, en plus petits groupes, 2, 3, mais ils sont toujours aussi beaux.. (28 juin 17, 16h02)

Pointe Toull er Her, 12 janvier 2014, 12h38

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La Pointe Toull er Her est un type de lieu assez rare en Bretagne. De toute façon il est unique ! Il est en effet peu fréquent qu’un petit bois de pins maritimes se trouve ainsi isolé sur une pointe au bord de l’océan. A une époque très très lointaine ( entre 35 et 45 siècles av. Jc… ) des hommes et des femmes y avaient élevé un dolmen – et ça ne devait pas être facile –  au temps où cette pointe était probablement le sommet d’une colline, la mer se trouvant beaucoup plus basse qu’aujourd’hui. Le dolmen est encore présent mais la grande pierre plate horizontale ne repose plus sur les 3 fichées en terre et est tombée au milieu. D’après certaines sources le bois y serait centenaire. J’ai un doute car les arbres n’y sont pas très gros, mais peut-être tombent-ils régulièrement à cause des tempêtes et sont naturellement remplacés par des plus jeunes… Sur les cartes marines, cette pointe est nommée Toull er Her, ce qui signifierait quelque chose comme le trou (ou creux, ou vallon) du hardi… Etrange.

… que Moidrey moudrait, 25 juin 17, fin d’après-midi

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IMG_5269.JPGAprès les boutiques à touristes proches du Mont on s’éloigne, fuyant. La route est belle et non loin on aperçoit sur la gauche un moulin à vent. Non seulement il a ses ailes mais en plus elles tournent ! ce qui est assez rare dans nos contrées n’est-ce pas ? C’est le moulin de Moidrey qui a plus de 2 siècles et remoud des céréales.. Je n’aurais pas crû que le moulin de Moidrey moudrait !

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IMG_5255.JPGOn ne loupe pas la petite route sur la gauche qui monte et on découvre peu à peu le moulin et le beau paysage plat de champs soigneusement cultivés ponctué de bosquet et la ligne d’arbre au bord des prés salés. Mais il est 18 h passées et les ailes ne tournent plus. Le meunier ferme la porte et sort. Nous ne visiterons pas aujourd’hui ni n’achèterons de farine. Pourtant le  choix était large.

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IMG_5256.JPGDu moulin le Mont reprend une silhouette plus ancienne – plus de traces de modernité – et on a presque envie d’y retourner. En tous cas, c’est par cette petite route de crête de collines qu’il faut aller vers lui. On peut la prendre après Pontorson et être passé sous l’autoroute St Malo Avranches (à droite puis à gauche, D 312, la rue des moulins)