… que Moidrey moudrait, 25 juin 17, fin d’après-midi

IMG_5268.JPG

IMG_5269.JPGAprès les boutiques à touristes proches du Mont on s’éloigne, fuyant. La route est belle et non loin on aperçoit sur la gauche un moulin à vent. Non seulement il a ses ailes mais en plus elles tournent ! ce qui est assez rare dans nos contrées n’est-ce pas ? C’est le moulin de Moidrey qui a plus de 2 siècles et remoud des céréales.. Je n’aurais pas crû que le moulin de Moidrey moudrait !

IMG_5261.JPG

IMG_5260.JPG

IMG_5255.JPGOn ne loupe pas la petite route sur la gauche qui monte et on découvre peu à peu le moulin et le beau paysage plat de champs soigneusement cultivés ponctué de bosquet et la ligne d’arbre au bord des prés salés. Mais il est 18 h passées et les ailes ne tournent plus. Le meunier ferme la porte et sort. Nous ne visiterons pas aujourd’hui ni n’achèterons de farine. Pourtant le  choix était large.

IMG_5264.JPG

IMG_5254.JPG

IMG_5256.JPGDu moulin le Mont reprend une silhouette plus ancienne – plus de traces de modernité – et on a presque envie d’y retourner. En tous cas, c’est par cette petite route de crête de collines qu’il faut aller vers lui. On peut la prendre après Pontorson et être passé sous l’autoroute St Malo Avranches (à droite puis à gauche, D 312, la rue des moulins)

Don Quichotte au Mont, 25 juin 17, 15h54

J’ai découvert une version inconnue du récit de Cervantès ! Je vous en traduis un court passage : « écœuré par  les quelques personnages importants du pouvoir madrilène qui l’avaient ou rossé ou humilié ou ridiculisé, Don Quichotte (Sancho Pansa, qui avait eu bien du mal dans les côtes à hisser sa panse largement arrondie,  l’avait abandonné après les montagnes pour les beaux yeux d’une matronne pyrénéenne) avait suivi l’étoile polaire et donc traversé la Navarre puis, ayant ouï dans le village de Cléry (St André) qu’une merveille se trouvait aux confins de la terre chrétienne et ayant renoncé à combattre le pouvoir de moulins et ne voulant plus que parcourir la terre pour mieux en connaître les recoins, Don Quichotte arriva par une rude et chaude journée qui lui avait rudoyé le séant et asséché le gosier, en vue d’un étrange monticule posé sur ce qu’il apprendra plus tard s’appeler benoitement de la vase et sur lequel des fanatiques fort courageux et habiles avaient élevé ce qui semblait de loin – et on le lui avait laissé entendre – un édifice religieux. Avisant cela, Don Quichotte se dit qu’il allait descendre du cheval – Rocinante, encore plus décharné que lui – et s’adosser à l’ombre du tronc de cet arbre, afin de se reposer car il était fort fourbu et moult moulu et regarder cet étrange lieu comme il n’en avait jamais connu. »
IMG_5224
Une demi-heure après s’être adossé puis assoupi puis réveillé puis, intrigué, comme attiré, il avait ressaisi les rênes de Rocinante – qui avait grignoté quelques végétaux à son goût – il s’était mis à marcher lentement mais sûrement droit sur le monticule et ses pensées cheminant malgré lui, il en était arrivé à la conclusion que la petite chapelle à senestre de la colline serait l’objet de sa prochaine halte. Sans vouloir se l’avouer, Don Quichotte était bel et bien impressionné par la pesanteur et la hauteur de l’élévation générale en pierres, taillées ou pas.
IMG_5228
Pour raconter fidèlement la réalité de ce qu’avait vécu Don Quichotte, votre humble serviteur doit vous préciser et ne rien omettre de ce que lui a raconté cet homme croisé dans une auberge et qui a eu l’insigne honneur et l’incroyable chance de rencontrer Don Quichotte en personne et qui lui a conté de sa propre voix certes un peu chevrotante mais encore dotée d’un pouvoir  d’incommensurable pouvoir d’attraction ce qu’il avait vécu ce jour-là. S’étant légèrement assoupi sans doute, perclus de fatigue et de soleil tapant justmente sur son chef, Don Quichotte eut comme un songe qui le visita, mais l’étrange phénomène est qu’il avait conscience de ne pas être endormi et qu’il se rappelait qu’il était même tout à fait éveillé et avait une lucidité de ses sens absolument parfaite. Juste après avoir légèrement laissé s’abaisser ses paupières un bref instant, Don Quichotte sentit comme un mouvement du sol, une inclinaison tectonique et rouvrit d’un coup ses yeux et vit ce que personne n’avait vu avant lui (et apparemment personne après..), il vit que la verticalité d’abord perçue avait tressailli. Il vit, adossé à son arbre bien droit comme tous les autres arbres qui lui prodiguaient une ombre salutaire, il vit le monticule chanceler vers sa gauche, d’un coup, comme si le sol avait brutalement enlevé une planche sur la pièce montée ! Il le vit et il se dit qu’on ne lui avait pas exagéré la fascination que l’édifice semi naturel et semi humain exerçait sur les gens et que c’était assurément un lieu étrange…

IMG_5245.JPG

 

Dimanche à la mer, Pointe du Meinga, 25 juin 17, 13h30/45

IMG_5204.JPG

IMG_5206.JPG

IMG_5210

IMG_5219.JPGQuand on habite pas loin de la mer, on peut mettre de côté les tracas et les fatigues de la vie le dimanche en allant au bord de l’eau. On marche sur le sentier des douaniers, on se pose sur les rochers, on sort une canne à pêche … et la beauté des paysages, le grand ouvert de l’horizon, la fraicheur de l’eau, vous débarrassent de toute la sueur de la semaine… et l’immense épuisette vous désépuise en transformant les soucis en crevettes grises dégoulinantes et frétillantes !